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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:40
Freud, ni Dieu ni diable, génie (Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre, Elisabeth Roudinesco)
Freud, ni Dieu ni diable, génie (Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre, Elisabeth Roudinesco)

Elisabeth Roudinesco est devenue la défenseuse phare de la psychanalyse en France. S'appuyant sur l'accès à des archives jusqu'ici jalousement cachées par les épigones, elle s'est décidée à écrire sa propre biographie du fondateur " Sigmund Freud, en son temps et le nôtre" pour le restituer de manière plus équilibrée, après la mode du Freud Bashing qui a traversé la France, notamment par le biais de ce charlatan philosophe qu'est Michel Onfray, introducteur de la pensée Closer-Détective dans la "pensée" médiatique de notre pays.

 

Une biographie sérieuse et enlevée, qui rend parfois justice aux dissidents,  ne cache pas les errements (mais quel inventeur audacieux n'en connait pas ?), qui est aussi l'occasion de retracer finement un parcours intellectuel, et d'entrer dans les principaux enjeux de la psychanalyse à sa période fondatrice. Personne n'a dit que Freud était parfait. Mais personne ne peut lui enlever non plus son génie, ses apports immenses, sa sincérité (dont témoigne notamment sa capacité à se remettre en cause sans cesse, à ne pas cristalliser trop sa pensée, malgré quelques fixations). On revient donc à l'essentiel, et on quitte les rumeurs et les histoires de fesse ridicules exploitées pour vendre du papier sous prétexte de briser "les idoles".

 

Pourquoi le titre parle t-il de "son temps et le nôtre" ? C'est un peu saugrenu de prime abord, puisque la biographie s'arrête avec la mort du Maître, étant juste prolongée de quelques pages sur le devenir des enfants et petits enfants nombreux. Sans doute pour nous dire combien nous devons à ces années là. Qu'elles comptent encore énormément pour nous même si l'on nous dit que la chimie et les IRM ont rendu tout cela caduque.

 

Ne comptez pas sur E. Roudinesco pour nous proposer une hagiographie. Son Freud est attachant, c'est un original (comme cette passion exclusive pour les chows-chows, pour le paranormal, pour les collections), complexe, dur et fidèle (le besoin de vivre dans une immense famille recomposée) et le livre rend compte de son génie. Mais Mme Roudinesco est lucide sur ses limites, ses obsessions et parfois sa mauvaise foi, et elle sait que son oeuvre n'a pas à être approchée comme une théologie, un dogme, mais comme le début d'une immense aventure intellectuelle, prolongée encore et toujours.

 

Ce qui ne l'empêche pas d'être un grand révolutionnaire de la pensée, comme le furent Darwin (dont il se voyait un héritier), Marx (avec qui il ne se sentait pas d'affinité, à la détresse de Wilhem Reich), ou Nietzsche (avec qui un trait d'union très fort existait par la personne de Lou Andréas Salomé, femme fascinante dont Herr Doktor fut très proche). La biographie nous fait ainsi connaitre un Freud dédiabolisé, humain, aux intuitions superbes, mais aussi entêté. Un Freud que l'on ne peut comprendre que dans une Histoire, ce qu'il avait tendance à oublier lui-même : l'Histoire de son temps. Freud est l'émanation d'un contexte culturel, d'un état de la civilisation. C'est le fils de la mittle europa, de ce monde en dépérissement que son ami Zweig regretta. Il est aussi le fils de l'évolution de la communauté juive européenne. Mais c'est aussi un penseur en rupture décisive. Un carrefour de rupture.

 

Il vécut une enfance heureuse, mais qui lui fit percevoir vite que la figure paternelle était en train de perdre sa toute puissance, ce qui le marqua à jamais. Plongé précocément dans les textes sacrés et les mythes, il y trouva sans doute cette idée qui ne le lâcha jamais et structura une partie de sa vie : il est besoin d'un ami indispensable voué à devenir un ennemi indispensable.

 

Marqué par le matérialisme de Feuerbach, Freud qui aujourd'hui intègre tout manuel de philosophie se désintéresse assez rapidement de la philosophie (conservant une passion pour Schopenhauer), et se lance dans des études de sciences en 1873. En passe de devenir un des meilleurs chercheurs en biologie, il s'oriente vers la médecine après avoir travaillé de manière décisive sur... La sexualité des anguilles.

 

C'est un jeune adulte inhibé, neurasthénique, angoissé, somatisant (il appelle son corps "notre pauvre Konrad"). Il succombe à la dépendance à la cocaïne un temps, mais surtout à la nicotine (vingt cigares par jour). Il flirte avec toutes les dimensions de la médecine mais s'oriente vers les maladies nerveuses. Il est très influencé par Charcot qui ne voit pas l'hystérie comme une manifestation diabolique mais comme le résultat d'un traumatisme, et comme une hérédité.

 

Juif spinoziste, émancipé, juif d'éthique plus que de croyance (il est foncièrement athée), il se marie et aura six enfants. Celui qui a été tant accusé de "pansexualisme" est rapidement abstinent. Il se consacre à son oeuvre.

 

Son développement intellectuel passe par des liens amicaux passionnés et des ruptures, avec des complices de recherche (Breuer, Fliess). Peu à peu il imagine une cure par la parole qu'il va expérimenter. Il voit l'hystérie comme le résultat d'une atteinte sexuelle précoce, avec sa première patiente, Emma Eckstein. L'époque est interrogée par l'hystérie féminine, abordée par la littérature (Karénine, Bovary), qui est le résultat d'un vent d'émancipation se heurtant aux résistances de la société patriarcale. Les premières patientes de la "psycho analyse" seront des femmes bourgeoises souffrant de névroses. C'est de son ancrage dans l'histoire religieuse que Freud tire cette idée de la cure par la parole, héritière de la confession et de l'aveu. Il en vient vite à distinguer névrose obsessionnelle et névrose hystérique.

 

Freud opère donc un décrochage : il quitte le domaine de la description des comportements, qui est celui de la psychologie jusqu'à lui, pour l'interprétation des discours. Ces discours témoignent de réalités enchevêtrées : le réel qui s'est produit, le fantasme, le transfert, la séduction psychique... La sexualité devient pour lui l'essence de l'activité humaine, à travers le concept de libido. Freud a voulu créer une science, mais c'est tout autre chose qu'il conçoit, un objet singulier : un voyage au coeur d'un inconscient défini "comme une autre scène".

 

Deux personnages clés vont servir à caractériser le névrosé moderne : Oediipe et Hamlet.  Le tiraillement entre un inconscient qui nous anime et une conscience coupable.

 

L'"interprétation des rêves" est le livre qui commence à marquer le monde. La libre association, concept essentiel, permet de déceler le contenu latent du récit des rêves. Freud bâtit alors son premier plan, sa "topique" de la psyché, divisée entre la conscience, le préconscient et l'inconscient. L'inconscient est le produit d'un refoulement. De tout ce qui serait motif de déplaisir.

 

Puis paraitront des ouvrages comme "psychopathologie de la vie quotidienne": un grand succès. Freud va imposer une vision nouvelle de la sexualité. Celle-ci est dirigée par le principe de plaisir et non la procréation. Il s'agit certes de la contrôler mais non de l'éradiquer. Le freudisme s'affirme ainsi comme une libération pour l'enfant et l'adulte. L'enfant masturbateur n'est pas un sauvage mais un être en devenir. L'homosexualité a pour source une bisexualité présente chez tout être humain. Freud subit alors les premières attaques. En France il incarne la barbarie allemande déchaînée. En Europe du Nord, la latinité scabreuse. Freud ne sourcille pas. Il est conscient de l'"humiliation" qu'il apporte à la civilisation, en continuateur de Darwin. La rupture avec l'idée d'un homme au centre du monde, la perte de l'idée de ne pas être un animal, mais aussi la conscience de ne pas "être maître en sa propre maison". Quand en 1909, il donnera cinq conférences aux Etats-Unis, brillantes, triomphales, il dira à Jung : "s'ils savaient ce que nous leur apportons...".

 

Les cercles de disciples se sont constitués. C'est un véritable mouvement politique que Freud organise à partir de son logement viennois. S'y rejoignent Sandor Ferenczi, Otto Rank, et le dauphin maudit, Carl gustav Jung, Abraham, Jones. Cela fonctionne comme une famille élargie ou chacun analyse tout le monde : les femmes, les amantes, les soeurs, la plupart de ces grands esprits étant de sacrés névrosés. S'élargit une internationale psychanalytique dont le coeur est Vienne mais qui se mondialise, prendra avec le nazisme ses nouveaux quartiers à Londres. Jones est le grand artisan de cet élargissement, de cette sortie du monde juif aussi. Avec un souci de banalisation, de professionnalisation, et de compromis vital aussi, qui mènera à de profondes erreurs sous le nazisme puis plus tard sous d'autres dictatures.

 

Freud, qui avait une haute idée de lui-même, se voyait comme un grand homme, depuis toujours, voulait apporter le bien à l'humanité. Il rêvait d'une psychanalyse accessible à tous, gratuite pour les pauvres.

 

Vers 1910, les femmes entrent dans le cercle. De manière décisive. Lou Andrea Salomé, Mélanie Klein qui fondera sa propre école de pensée, puis Anna Freud, la fille, la gardienne de l'orthodoxie aussi. Une vivre controverse opposa Mélanie et Anna, l'histoire donnant raison... aux deux (Klein montrera que l'enfant a un inconscient très tôt, et Anna reliera psychanalyse et pédagogie de l'enfant).

 

En même temps que les disciples sous la direction d'Herr Doktor, tout heureux d'être au centre d'une grande famille recomposée où chacun passe sur le divan de l'autre, essaient d'appliquer la théorie à tous les domaines. Notamment aux arts, comme avec "Gradiva" (analyse d'un roman de Jensen), ou Léonard de Vinci (dont Freud fait une géniale analyse, mais fausse, en analysant un de ses rêves pour en faire un homosexuel refoulé, alors qu'il était simplement dissimulé au regard des historiens.... identifiant le peintre à son propre culte de l'abstinence), les scissions, désaccords, querelles, ne cesseront d'agiter le mouvement. La plus marquante est la rupture avec Jung. Celui-ci se référant à une théorie psychologique ayant pour fondement l'idée d'un esprit archaïque des peuples. Cette dérive ethniciste le mènera à se compromettre gravement avec les nazis.

 

Le livre raconte toutes ces péripéties romanesques, baroques, complexes, où l'on ne sait pas ce qui sépare le délire du génie. L'émergence d'un personnage comme Otto Gross par exemple, immoraliste obsédé, qui faillit donner raison aux pires détracteurs du freudisme. Les premiers temps de la psychanalyse n'ont pas été exempts d'une manie d' interprétation qui risquait de tout psychologiser, et de figer la psychanalyse en dogme. Ainsi Jung et Freud se querellaient en s'analysant l'un, l'autre, en se racontant leurs rêves, en inteprétant tout désaccord en relation avec la théorie, le rapport au père, etc... Aucune cloison n'existait (voir à ce propos dans le film de Cronenberg - "a dangerous method" - les détails des premières querelles entre Jung et Freud, où une femme, Sabrina Spieler, patiente puis psychanalyste elle-même, joue un rôle central).

 

Ces oppositions, ces alternances incessantes entre les cures (Malher, Svevo y passèrent, comme la propre fille de Freud, Anna) stimulaient Freud, et on peut lire "Totem et tabou" comme une réponse altière au jungisme, un plaidoyer anti colonial et universaliste, un livre qui assoit la démocratie comme acte fondateur, révolte contre l'autorité, nécessité de la loi, nécessité de dépasser la violence.

 

La première guerre mondiale marqua Freud, qui vieillissant, se confrontera alors à la mort. Sa théorie prend alors un grand virage, intégrant la pulsion de mort (voir dans ce blog, "Au delà du principe de plaisir"). C'est alors que naît la deuxième topique, distinguant le moi, le surmoi, et le ça. Freud essaya de tirer les leçons de ce qu'il entendait sur son divan (où il n'appliquait pas les règles édictées par sa propre organisation...). Notamment cette contrainte de répétition qui condamnait certains patients à s'auto détruire.

 

Freud, vieux, malade de son long cancer qui le torturait, ne voulut pas voir qui était Hitler, ou en tout cas la réalité de la menace. Son conservatisme de fond le poussait à l'illusion de barrages au déchainement absolu de la violence. Il laissa Jones essayer de perpétrer la psychanalyse en Allemagne, ce qui ne put aboutir qu'à sa récupération-trahison par le fils de Goering.  Il faillit bien y rester, entouré à Vienne par les nazis dont il était un des symboles du mal absolu. Si l'exceptionnelle Marie Bonaparte, une de ses grandes et tardives proches, ne s'était pas démenée pour organiser et négocier son exil, il aurait sans doute fini ailleurs que dans un lit à Londres, comme ses soeurs, assassinées dans les camps.

 

De même, il passa totalement à côté de son cousinage évident avec Proust(qui l'ennuyait), et de son impact immédiat sur les artistes de son temps (par exemple le surréalisme, qu'il ignora). Ce révolutionnaire était un homme du dix neuvième, de ce monde englouti que son ami Zweig regretta.

 

Elisabeth Roudinesco regrette aussi ses insuffisants efforts pour approfondir le fait religieux, se contentant dans l'"avenir d'une illusion" d'y voir une névrose collective, en mettant de côté le mysticisme et sa force.

 

Elle met aussi en exergue son attitude quelque peu floue envers les psychoses, dont il pensait qu'elles ne pouvaient pas être abordées par sa cure, bien qu'il acceptait des psychotiques pour les aider, changeant souvent d'avis, comme sur la question de l'homosexualité. Plus tard, la psychiatrie sera fortement influencée par le freudisme. Freud était un pionnier. parfois ses patients en subirent aussi les conséquences. Même si on ne sait pas vraiment ce qu'il en fut. Qu'est ce qu'une cure apporte, évite ? Qu'est ce qui se serait passé sans elle ? Comment savoir si parmi les nombreux témoignages de patients de Freud ou de ses proches, les guéris l'ont été par ce biais ou un autre ? Que faire des rechutes ? Bref, l'histoire de la psychanalyse et de ses polémiques ne faisait que commencer.

 

Il reste qu'Herr Doktor fut celui qui mit le pied sur un immense continent. De ceux que l'on oublie pas, ineffaçable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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