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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 23:10
D'un premier pas en littérature - "Monsieur Levy", Marc Villemain

 Ce blog existe depuis cinq ans, et c'est la première fois que je vais parler d'un livre de quelqu'un que je connais personnellement. Ce n'est pas un ami, ni même un copain, c'est une vieille connaissance. Je l'aime bien en fait, mais c'est à peu près tout ce qui résume le lien. Sans doute est-il dans le même état d'esprit, et de toute façon c'est un homme bienveillant.

 

Il se trouve que lorsque j'ai pris mon premier poste de travail, en 1997, si j'enlève mon service ville, c'était pour le remplacer, car il "montait à Paris". L’événement déclencheur de ce départ est raconté dans le livre, et sont évoqués des gens que j'ai croisés, un milieu où nous évoluions en parallèle.

 

Marc, au milieu des années 90, était d'une petite bande de jeunes politisés, qu'on appelait "les fabiusiens", alors qu'ils ne l'étaient pas forcément tous. Ils étaient un peu intellos, indéniablement intelligents, s'ennuyaient en province et semblaient confiants en leur destinée. Ils étaient plutôt sympathiques au demeurant, même si leurs manières de rastignac étaient frappantes. Mais il s'agissait de rastignaciens avec qui on avait pas envie d'être vraiment désagréable. Avec eux l'essentiel semblait en partage. Ses copains et lui animaient une revue, très bien fichue pour des gens de leur âge, et leurs talents se sont développés. L'un d'entre eux est devenu directeur de la communication de Monsieur Mélenchon en 2012. Ils ont fait de beaux mariages.

 

Je me souviens qu'ils avaient fait parrainer leur revue de jeunesse par toutes les sommités intellectuelles possibles, criant "hé on est là, on est là les mecs !". Moi ça m'avait fait sourire, mais pas plus que cela, ils étaient sympathiques, et sincères en plus. Et puis j'ai toujours respecté l'intelligence, ça pardonne énormément. Ils ne nuisaient jamais à quiconque. On pensait qu'ils étaient quand même un peu amateurs alors que nous nous imaginions comme des bolcheviks 

 

Depuis lors tout a changé, et même à plusieurs reprises. Je ne vois plus le monde de la même manière, à un point que je n'aurais pas imaginé, j'ai revisité tant d'aspects de la vie. Peut-être qu'il en est de même pour Marc. Je ne pense pas qu'il ait entassé autant de regrets et de remords que moi, cependant. J'ai une furieuse tendance depuis toujours à détester celui que j'ai été, quelques mois avant le temps présent. Alors le lointain que je fus...

 

Le démon de la lecture a du le saisir plus tôt qu'à mon tour. Ce fut tardif, pour moi, de retrouver ce fil laissé dans l'enfance.

 

Marc évoque les temps anciens dans son premier livre. Il profite de cette parution dans une maison de premier plan, Plon, pour solder le passé, comme s'il se disait : "on sait jamais, c'est peut-être une chance unique. Un one shot". Il avait beaucoup à dire. Y compris sur la mort de son père, qu'il évoque d'un passage poignant et pudique.

 

Les premiers livres peuvent revêtir un aspect quasi testamentaire, définitif. Ce n'est nullement paradoxal. On piétinait dans les starting blocks. La densité s'impose, on a du temps à rattraper.

 

Nous avons des choses en commun lui et moi, son lecteur ici. Par exemple avoir été mauvais puis bon élève, même si je n'ai pas comme lui stoppé mes études générales pour les reprendre ensuite, ce qui est courageux. Moi j'ai vécu dans la continuité malgré tout, et je pense que ma formation est beaucoup plus marquée par les institutions du savoir légitime, le passage par les deux ans de lettres sup par exemple

 

A des moments son côté autodidacte, dont il ne semble tenir aucun des défauts habituels, a du lui compliquer la vie, et en d'autres occasions cela a pu être une force, pour oser.

En ce moment, la vie lui donne raison, ou plutôt la pièce tombe sans doute de son côté, mais il ne le doit qu'à ses efforts et son courage.

 

Nous avons en commun l'émancipation par la culture, la tentation militante défunte et la fascination pour le politique, et même le fait d'en avoir vécu matériellement, de la politique. Un peu, comme gens des coulisses, à ne pas confondre avec marionnettistes. Aucun des deux n'a véritablement connu l'exercice du pouvoir, nous n'en avons fait que nous en approcher et avons pu l'observer. Nous avons aussi connu les études de sciences politiques, lui à Toulouse moi à Bordeaux. Nous aimons la littérature. Lui sans doute plus que moi. Je dois lire plus large, peut-être. Je ne suis pas certain qu'il lise beaucoup d'économie et de science sociale.

 

 

Mais nous avons aussi de sacrées différences, en tout cas si je me réfère au Villemain de 2003 et si je n'oublie pas le Jérôme de la même époque. Je n'ai pas le même point de vue que lui sur des bouts du passé qu'il a évoqué dans le récit dont on va parler.

 

L'autre jour nous avons discuté par messagerie de l'écriture et puis un peu du passé, et il m'a envoyé son premier livre, "Monsieur Levy". Je l'ai lu rapidement, non pas parce que c'est insipide, ça ne l'est pas, mais parce que ça résonnait évidemment en moi et ma curiosité était réelle.

 

Aujourd'hui Marc est un écrivain confirmé, il est éditeur, et les parutions des "éditions du sonneur" dont il est dirigeant trouvent de plus en plus classiquement leur place sur les mises en valeur des libraires. Il a l'air heureux et tant mieux pour lui. Quand je l'ai connu, il était toujours habillé en noir, fumait énormément, semblait très nerveux, et pas en excellente santé. Il a trois ou quatre ans de plus que moi.

 

Un soir, alors que j'habitais à Paris, et que je ne manquais pas l'hilarante émission d'Ardisson, "tout le monde en parle", je vois Marc sur ce plateau, le must pour faire connaître ses productions.. En 2003 je crois. Il est invité à parler de son premier livre.

 

Il s'agit d'un ouvrage dont le sujet est Bernard Henri Levy. Sur le coup je me dis "tiens il persiste dans sa méthode, BHL, carrément... ll y va pas avec le dos de la cuillère". Je me souviens de son air un peu surpris d'être là, un peu amusé, sceptique. Il est très sceptique Marc, je crois. C'est en lien avec sa bienveillance. Je crois qu'il a lu Montaigne tôt et il a du aimer.

 

En fait ce n'est pas un livre sur Bernard Henri Levy. C'et un livre sur Marc Villemain, dont le fil conducteur est une admiration, que je ne partage pas. Mais lui, où en est-il aujourd'hui, 13 ans plus tard, avec cela ?- .

 

C'est un livre sur une vocation de jeunesse avivée par le modèle de Bernard Henri Levy. Cette admiration le pousse à tenter sa chance, écrire, et fréquenter, au titre de son enquête, dont il ne tire d'ailleurs pas grand chose, les milieux littéraires. La crème, d'emblée, tant qu'à y être. Marc a continué, ainsi, à donner dans le rastignac. Ceci le conduit d'ailleurs à narrer des scènes de rencontre avec les uns et les autres, tout étonné d'être là, comme devant Ardisson. Il s'en sort avec l'humour, le sens de l'observation, mais il n'est pas loin de sombrer dans l'anecdote people St Germain. Il est sur le fil.

 

C'est difficile de porter la critique à ce livre, un premier livre, écrit il ya déjà longtemps. Marc est sincère et chafouin. Il a peur aussi, sans doute, face aux légitimités, malgré son audace étonnante à frapper à toutes les portes renommées - audace que je n'ai jamais eue et que je n'aurai jamais- .

 

Il use donc, tout au long du récit d'un subterfuge bien connu des rhéteurs : devancer la critique. Il note ses propres défauts.

 

Parmi ces défauts, celui de "faire littéraire". Pas toujours, toutefois. Parfois on oublie les mécanismes à l'oeuvre dans l'écriture, et l'écrivain Villemain s'affirme et émeut. Qu'est-ce qu'un écrivain sinon un scribe qui vous emporte avec lui, ne vous laisse pas derrière la vitre ? Il y a des chapitres où il y parvient. Mais c'est cependant un premier livre, et c'est travaillé, ça sent le trac de ne pas refléter les codes. Marc veut être littéraire. C'est joli, souvent. On remarque, par exemple, quand Marc a biffé un verbe pour écrire "besogner" à la place, parce que c'est plus littéraire. Donc ça nous oblige à être dans le méta littéraire. Marc aime Dashiel Hammet, le minimaliste, il le dit dans son livre et aussi dans son blog plus récemment. Cette appétence est compréhensible, on aime ce qu'on ne maitrise pas, quand on est quelqu"un de sain.

 

A cette époque, Marc considère que la littérature c'est le syle, et le sien est riche, flamboyant, dense de fulgurances poétiques. Mais je ne suis pas certain de partager cette conviction, selon laquelle "on ne donne que le style". Je ne suis pas péremptoire, mais il me semble que la littérature est belle quand elle touche une congruence, entre la forme et le fond.

 

J'allais dire que Marc avait inclu des pièces de sa correspondance dans le livre, et qu'elle était frappée du même syndrome du "faire littéraire". Ce geste interrompu de ma part témoigne en réalité de l'efficacité de l'auteur, puisqu'en toute fin du livre, il avoue avoir inventé des amis imaginaires , témoins de l'avancée de son projet. Si je comprends bien, c'est un miroir amical qu'il a lui même inventé, afin de s'auto juger. On y croit, mais je me suis dit quand même " que ces gens s'appliquent un peu trop dans leurs lettres".

 

Marc était précoce. Jeune, à la fin des années 80, il écrit des lettres subtiles, étonnamment cultivées pour son âge, à BHL pour lui dire son admiration, sa "fidélité", tout en se révélant lucide sur les défauts de son héros. Pour lui BHL a été un passeur. Vers l'histoire des idées. Et c'est vrai que c'est l'aspect sans doute le plus sympathique du personnage. Moi aussi j'ai vu, jeune, ses émissions sur les "aventures de la liberté". BHL n'a pas été inutile en parlant de Sartre.au grand public, avec passion.

 

Mais désolé, Marc, je ne peux pas te dire que je partage ta passion pour BHL. Je l'ai peu lu, déjà. Je me souviens du livre enquête sur l'assassinat de Daniel Pearl, que j'ai bien aimé, mais qui est bâclé dans sa forme. Je me souviens d'un livre où BHL s'essaie à faire du Tocqueville contemporain, en nous relatant son voyage aux Etats-Unis. J'avais trouvé cela d'un superficiel consommé, et j'avais été frappé de l'incapacité de l'auteur à s'engager au delà des mondanités. Un peu comme si un auteur américain parlait de la France à partir d'un entretien avec Christine Ockrent.

 

Le souci, c'est que je suis beaucoup plus radical que Marc, je l'étais en tout cas, et je pense que c'est toujours le cas. Pour moi, le phénomène des "nouveaux philosophes" est un des aspects de la réaction gigantesque du capital à la fin des trente glorieuses. Et je suis irrité, oui, irrité, de voir un BHL, comme un Onfray d'ailleurs - je crois qu'ils ont parfois le même éditeur - arborer le titre de philosophe. Ce sont des disserteurs, des rhéteurs, des éditorialistes, mais pas des philosophes. Si l'on croit que la philosophie consiste à créer des concepts, et non à phraser. Ces gens ont donc nui à la philosophie. Et ça ne me plait pas.

 

En outre, Marc écrit à plusieurs reprises, et je me souviens l'avoir entendu à "tout le monde en parle", que BHL a des fêlures. Je veux bien moi aussi concéder la complexité du personnage, ses paradoxes, et comprendre que ça puisse interroger. Ce bourgeois social libéral puant est aussi un des soutiens les plus actifs des kurdes socialistes révolutionnaires. C'est à n'y rien comprendre, parfois, avec lui.

 

Mais en même temps, Marc, tu conviendras que des fêlures et des paradoxes, mon concierge en a aussi. Toutefois tu as choisi BHL comme premier sujet. Pas seulement, j'en suis sûr, par désir de l'intégrer ce milieu intellectuel parisien, en allant voir ceux qui ont les clés. Mais par fantasme sincère. C'est Malraux qui te fait rêver, et tu es allé en Bosnie, ce que je n'aurais pas accompli. Il y faut du fantasme. Comme certains ont vu Mendès en rocard, tu l'as identifié à André ton BHL. C'est plutôt attendrissant.

 

Je suis différent de Marc. Il raconte sa rupture avec les socialistes. Lui qui se méfie, avec d'excellents arguments auxquels je souscris, de la morale, il quitte la politique pour des raisons morales. Je n'aurais pas du tout proposé la même version, pour ma part, pour ce qui concerne mon éloignement du politique. Que les hommes, dans des groupes, soient ingrats et volages, ça ne m'a jamais surpris, depuis les déceptions adolescentes.

 

Moi, je pense plutôt que mes déceptions viennent de mes croyances abusives, de mon aveuglement plus ou moins volontaire. De l'orgueil et de la trouille du vide. Il est succulent de noter, et Marc doit aujourd'hui en sourire, qu'il rompt avec le PS parce que beaucoup ne sont pas réglos avec DSK au moment de l'affaire Mery... Aujourd'hui oubliée. On a découvert depuis d'autres motifs d'être infidèle à DSK. Le souci, pour bien suivre Marc en ces passages, c'est que je n'ai jamais considéré que DSK ait été un grand homme politique. On l'a dit génie de l'économie, et Marc y croyait. Je n'y ai jamais cru. Pour moi ce Monsieur a profité passivement d'un sursaut de croissance créé par des grappes d'innovations, c'est tout. Il s'est soumis, au bout d'une semaine de ministère, à l'ordo libéralisme allemand en signant le pacte de stabilité. Un non sens. Donc camarade Marc, je ne peux pas trop te suivre quand tu causes de cette période. Mes démissions sont politiques. Evidemment elles sont éthiques aussi, car le choix d'une politique a inévitablement une dimension éthique. Le nihilisme est le nihilisme et quand on le fuit, c'est en bloc.

 

Voila. J'ai un peu agi comme Marc avec BHL, j'ai surtout parlé de moi au lieu de causer de "Monsieur Levy" de Marc Villemain. Un livre qui fut un livre d'écrivain débutant. Mais un livre qui ne vous exclut pas, et donne envie de continuer la conversation avec un garçon très intélligent, parfois désarmant de sincérité et de doute. Quelqu'un d'intègre qui sans aucune espèce de doute, trouve un sens à sa vie dans les mots. Les siens et ceux des autres. Je vais lire d'autres oeuvres de Marc. 

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Published by jérôme Bonnemaison - dans Récit
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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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