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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 22:38

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" Ce n'est pas la social démocratie qui conquiert les villes et l'Etat, c'est l'Etat qui conquiert le Parti, et je ne vois pas comment cela pourrait constituer un danger pour la société bourgeoise"

 

Max Weber, 1903

 

 

 

J'ai lu que Guy Bedos se sentait "politiquement orphelin". Par là il signifie qu'il ne se reconnait pas dans la dite offre politique. Ce sentiment est largement partagé, singulièrement chez les gens qui se sentent "de gauche". Partout dans le monde, en tout cas en occident.

 

 

 

Pourquoi donc ? Il y a deux grandes sortes d'explication face à l'incapacité de la gauche, non seulement à proposer une autre voie, mais même à ne pas sombrer dans les ornières néo libérales. Soit on dit " ils sont tous décevants ". Donc tous pourris. Pourquoi pas ? Mais si l'on dit ça on se condamne à un pessimisme infini. Toute politique dégénèrera en trahison. Pas très tentant.

 

 

L'autre explication possible est de se demander si ce n'est pas la politique qui est en crise. Si ce n'est pas la conception même de la politique qui doit être reconsidérée. Il s'agit, comme nous le propose Rouletabille dans "Le Mystère de la chambre jaune", d'aborder les choses "par le bon bout de la raison".

 

 

 

C'est dans cette voie que nous conduit le livre important de Bruno Trentin, écrit à la fin des années 90, "La cité du travail : le fordisme et la gauche". Il nous appelle à revenir à la valeur travail. Non pas cette caricature cynique dont parlait Nicolas Sarkozy, énième resucée de la morale expiatoire de l'effort, culpabilisante et arme de discipline. Mais bien l'idée, fondatrice du socialisme, selon laquelle le travail c'est la richesse, le créateur de valeur. Et que son exploitation est la source des difficultés de notre monde.

 

(Toute personne qui s'intéresse de près aux idées politiques, ce qui est mon cas depuis la pré adolescence, sait que de tous petits détails peuvent revêtir une importance révolutionnaire. Les majorités nouvelles proviennent des hérésies. C'est un peu comme ça que j'en suis arrivé à m'intéresser au livre de Bruno Trentin. Il se trouve que son père était un personnage très intéressant de la résistance toulousaine (la résistance toulousaine a une histoire passionnante, et a compté des figures très marquantes comme Jean Pierre Vernant, Edgar Morin). Un antifasciste italien, prof de droit, ayant transformé sa librairie en QG des réseaux de résistance locaux. Avec quelques amis socialistes orientés à gauche (dont j'ai connu au moins deux descendants, dont un ami cher décédé. Le monde est petit), ils fondèrent un groupe baptisé 'Libérer et fédérer", très intéressant, d'ou fut issu si je ne m'abuse le premier Maire de Toulouse à la libération, Raymond Badiou... père d'Alain Badiou, philosophe qui aujourd'hui revitalise, dans le débat mondial, l''hypothèse communiste. Silvio Trentin, dont un boulevard toulousain porte le nom, est rentré en Italie et son fils, Bruno, qui résista dès l'adolescence, devint un grand dirigeant politique et syndical de la gauche italienne, et un théoricien de premier ordre. Sa pensée s'inscrit dans la filiation de son père, très clairement. Celle d'un socialisme démocratique de gauche, voulant articuler justice et liberté.

On ne sait jamais ce que l'on sème, dans le domaine des idées. On cause inutilement dans une librairie clandestine, et puis ça suit un chemin. Par l'Italie jusqu'à ma bibliothèque en tout cas. D'où la nécessité de penser avec sérieux.)

 

Pour Bruno Trentin, si la gauche est dans l'impasse, si elle semble si passive, c'est qu'elle n'a pas su interpréter les changements profonds de la société, et d'abord de l'organisation de la production. Un grand tournant a eu lieu dans les années 70 : le système fordiste tayloriste, celui de la grande production industrielle fondé sur la spécialisation et la division scientifique du travail, sur la séparation entre la conception (blouse blanche de l'ingénieur) et l'exécution (l'ouvrier de masse, et son geste répétitif), a péréclité. La gauche avait cherché à s'accorder à ce monde né dans les usines Ford. Avec certes des difficultés. Mais elle n'a pas su en sortir et elle se marginalise et perd progressivement sa substance. Depuis que Bruno Trentin a écrit ce livre, les constats n'ont fait que devenir plus saillants.

 

Pour retrouver un rôle majeur dans le monde, la gauche doit réfléchir à une cadre de pensée et d'action post tayloriste, mais aussi plus largement repenser la politique sur un modèle d'après Taylor. Aujourd'hui, le travailleur marchandise n'est plus marchandise qui pense mais qui doit penser. On attend non pas qu'il exécute mais qu'il "résolve des problèmes". C'est une révolution. Beaucoup devient possible, beaucoup devient intenable. Le monde du travail aurait pu en tirer des avantages, de l'autonomie en particulier. Ca n'a pas été largement le cas, car on a mis en place de nouveaux dispositifs de subordination des travailleurs. Le taylorisme est certes condamné, mais il peut tarder à mourir, entrainant toute la société dans sa crise.

 

La gauche n'a pas compris ces processus. Elle s'en est remis par exemple à l"idée de la "fin du travail", à considérer que c'était la fin de la classe ouvrière et donc du travail (confondant l'ouvrier et le travailleur). Le syndicalisme a répondu en se mettant sur la défensive, ne parvenant pas à grand chose, sinon à défendre des bastions de plus en plus considérés comme privilégiés au milieu d'océans de travailleurs flexibilisés. La gauche a en définitive oublié le travail lui-même, s'en remettant un moment à la réduction du temps de travail, c'est à dire à l"idée que la liberté est à l'égard du travail et non au sein du travail à libérer.

 

 

Dans la période tayloriste, la gauche s'était fixée sur l'idée de la redistribution. Par les augmentations de salaire et la protection sociale. Malgré les immenses bienfaits de cette logique, il reste que cela a été conçu comme une compensation. L'avoir a compensé l'être au travail, le salaire a été le prix de la productivité. La subordination du salarié s'est "payée" comptant. Alors que la démocratie restait à la porte des usines, la classe ouvrière entrait doucement dans le monde de la consommation. Ce donnant donnant date d'ailleurs de Bismarck (qui crée la sécurité sociale au moment ou il interdit les syndicats et le parti socialiste). Aujourd'hui en crise financière, la protection sociale, restée un système de "solidarité occulte", inaccessible aux travailleurs, illisible et froid, ne fait plus l'unanimité dans le monde des travailleurs. Les expériences de nationalisation, pour leur part, n'ont pas débouché sur le questionnement de la vie au travail.

 

 

On parvient ainsi à ce qui a été congruent avec le monde tayloriste : la séparation entre le politique et l'économique (l'économique étant simplement considéré comme un terrain d'éducation des masses, et non comme le terrain ou la classe pouvait se libérer). Entre le politique et le social. L'Etat redistributeur a été chargé de conduire la transformation de la société. Cette vision de l'Etat comme lieu de la politique, correspond à celle du taylorisme où le travailleur exécute et n'est pas payé pour penser. On a remis à l'Etat, à conquérir, la responsabilité de créer les conditions qui permettront ensuite à la classe ouvrière de s'émanciper. Cela n'était pas joué au début de l'histoire du mouvement ouvrier, où l'Etat n'était pas le lieu stratégique, mais la "superstructure".

 

 

Ce modèle politique est mort. La société a changé, mais pas la conception de la politique. Elle sonne donc dans le vide, elle parait décalée, elle est même souvent ridicule. On ne l'écoute plus. Perdant le contact, la politique se replie sur elle même, devient un jeu fermé. La conquête du pouvoir d'Etat devient une fin et non un moyen, la gauche s'identifie à l'Etat, à sa gouvernabilité, elle est digérée par l'institutionnel. La gauche devient au final bureaucratique (pays de l'Est) ou hyper gestionnaire (la social démocratie).

 

 

L'idée de la "délégation" au Parti des intérêts du peuple, est fondamentalement taylorienne. Comme l'idée de "la grande politique". Et en constatant cela, Trentin en vient à reconsidérer, logiquement, les importances respectives de la justice sociale et de la liberté dans le projet de la gauche. La politique tayloriste insiste sur la redistribution par l'appareil d'Etat, la politique post fordiste insiste sur la libération du travailleur, sur la remise en cause du pouvoir du capital sur le travailleur. Retour au travail.

 

 

La gauche était tombée dans la fascination du fordisme. Aussi bien Lénine que Gramsci avaient considéré que l'organisation scientifique du travail était une étape de l'Histoire. Une étape vers le socialisme. Gramsci, jeune, avait considéré que la grande usine donnait au travailleur l'idée de son identité d'unité prolétaire. Trotsky expliquait que le fait qu'un Directeur, après la défaite de l'opposition ouvrière au sein du parti bolchévik, à la tête des usines, plutot qu'un conseil ouvrier, serait un élément neutre. La rationalité fordiste avait conquis les esprits révolutionnaires. Il appartenait aux ouvriers russes de se subsituer au "capital déserteur" pour moderniser la production et organiser scientifiquement les lieux de travail, puis la société. Lénine souhaitait une société organisée comme "La Poste" ou "les chemins de fer". La libération du travailleur ne viendrait qu'après. Et donc le travailleur déléguait au parti le pouvoir, en attendant. Il ne le reprendra jamais. La social démocratie cédera aux mêmes sirènes, à travers le "planisme" par exemple. L'Etat rationnel est le levier du socialisme, il est l'ingénieur de la transformation. Il "régule", il "maîtrise" l'anarchie des marchés. 

 

Ainsi, Henri de Man, "ce n'est pas à travers la révolution que l'on peut arriver au pouvoir, mais à travers le pouvoir que l'on peut arriver à la révolution".

 

 

Avec le taylorisme, se met en place à gauche une vision du politique où la politique a la primauté, où elle est une activité en surplomb, professionnelle, bureaucratisée, fondée sur l'existence de dirigeants et de militants. L'économique et le social sont des zones d'aliénation, mais on ne saurait qu'y éduquer à la politique, seule voie pour obtenir le changement au sein de l'appareil d'Etat qui ensuite viendra libérer le travailleur.

 

En fonçant dans cette voie, la gauche s'est autrefois fourvoyée, mais le fait est qu'elle persiste alors que le fordisme est mort, ou devenu minoritaire, ou en tout cas n'occupe plus la place centrale d'autrefois. D'où son érosion et sa fossilisation.

 

Il a cependant existé d'autres voies dans la gauche. Elle n'a pas été univoque, comme Marx d'ailleurs. Si Marx parle de la paupérisation, de la plus value, il définit aussi, et peut être avant tout, le rapport capital travail comme une logique d'aliénation qui dépossède le travailleur salarié de son outil de travail et de sa manière de travailler. Marx ne cessera de parler d'un travailleur réconcilié avec lui-même à travers la communauté du travail.

 

Trentin nous promène ainsi dans cette gauche qui insistera, comme Rosa Luxembourg sur la libération du travailleur lui-même. Luxembourg fait de la grève de masse l'arme politique fatale, car c'est déjà la transformation en marche. Elle définit la révolution comme la libération de la classe ouvrière qui se met en mouvement et assume toutes les tâches de direction sociale, de l'usine au gouvernement. Karl Korsch parle pour sa part d'"Etat social de droit", d'autodétermination des conditions de travail, de démocratie industrielle. Cette vision du socialisme comme autolibération de la classe ouvrière se retrouve dans l'austro marxisme, dans le socialisme anglais dit de la "Guilde" qui aura une grande influence dans les entreprises anglaises au début du XX eme siècle, et verra les ouvriers exiger de discuter de tout et reprendre le contrôle de leur travail. Tous ces penseurs, toutes ces expériences, sont convaincus de cette idée exprimée ainsi par Karl Polanyi : "l'Etat n'exprime pas l'essence de la société".

 

En France, Simone Weil est la digne représentante de ce fil rouge de la gauche. En allant vivre au sein de l'usine taylorienne, elle en ramène la conviction selon laquelle l'organisation du travail "dépersonnalisé" fondée sur la différence entre conception et exécution ne peut pas déboucher sur le progrès. Il faut la subvertir directement, donc. Sinon, la condition ouvrière ouvrira, en cas de victoire politique de la gauche, sur la confiscation bureaucratique du pouvoir.

 

La fin du fordisme ouvre la voie à la possible autonomie du travailleur, mais la gauche ne s'y est pas engouffrée. Elle n'a pas saisi non plus la nécessité de revenir au travail, de reposer la question de la liberté du travail, de remobiliser les travailleurs autour de cet objectif, de les réunifier autour de ce projet (au contraire elle explique que les classes n'existent pas et elle donne dans la division salariés/chômeur comme le blairisme). Les ailes critiques, quant à elles, abandonnent le travail, et s'en remettent à un revenu de citoyenneté qui ne remettra pas en cause l'aliénation. Ces ailes fuient le terrain de la domination pour aller chercher de l'air frais ailleurs, mais l'essence de la domination n'est plus questionnée.

 

La gauche s'est donc identifiée à la gestion étatique. Elle est dépossédée de ses sources et ne comprend pas pourquoi. C'est toute la politique qu'elle doit repenser.

 

Les grecs avaient encore une fois tout compris. Aristote disait que le citoyen, l'homme libre, était celui qui était délivré de la nécessité. La cité des citoyens libre était donc distinguée de la sphère du privé, ou l'esclavage avait cours. La séparation entre l'économique et le politique est une vieille ficelle, donc. Les élites grecques savaient où elles allaient.

 

Bruno Trentin en appelle à revisiter la seconde tradition progressiste, celle de la démocratie du travail. De ceux qui bâtissent la cité et la font fonctionner. Ils ne sont plus des exécutants et ne peuvent plus l'être dans l'ordre politique. Du social doit désormais émaner la politique si la gauche veut retrouver son sens. Telle est la direction d'une démocratie de notre temps.

 

Jaurès disait que de la République doit naitre la République sociale, on pourra lui rétorquer en s'appuyant sur les analyses de Trentin que cent ans plus tard de la République sociale doit naitre la République.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by jérôme Bonnemaison - dans Oeuvres politiques
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commentaires

Formia 21/12/2013 21:46

Monsieur
Je suis un peu déçue que ces derniers temps vos goûts vous éloignent et nous aussi ....de la littérature, enfin de l'écriture en somme.
Deux cuillères le matin et ça devrait revenir...
A vous lire ! (sic)

jérôme Bonnemaison 22/12/2013 12:53



C'est cyclique. Patientez un peu. En plus il me faut digérer Pessoa.



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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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