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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 20:56

 

King-Kong-Jackson-copie-1.jpgUn portrait de la féministe en gorille géant qui détruit tout sur son passage parce que .... no future.... C'est la voie que propose Virginie Despentes dans ce manifeste singulier et intéressant: "King Kong théorie".

 

Je viens de me décider à lire Despentes. Ce n'est pas que je la trouvais sans intérêt, et elle m'a même fréquemment intrigué et donné le sourire quand elle détonnait dans des émissions littéraires (je me souviens de l'entendre dire dans un débat sur Casanova qu'elle y était indifférente car à l'époque elle aurait gardienné une porcherie, comme la plupart des gens... Et c'était délicieusement décalé avec le côté chic libertin de l'émission, dominée par la figure fatiguante de Sollers).

 

Mais bon, je n'avais pas ressenti une attraction fulgurante pour la littérature évoquant l'ambiance coulisses des béruriers noirs, la bouteille de Jeanlain réchauffée à moitié vide et les larsen au fond du garage en février alors qu'on ne porte que des mitaines et un t shirt filet sous son harrington rachitique....

 

Et puis je n'aime pas trop le côté grossier (grossier hein, pas vulgaire. Celui qui est vulgaire quand JC Giesbert interviewe Despentes, c'est lui... pas elle). Parce qu'il me semble que la vraie transgression aujourd'hui, c'est de parler comme Proust. C'est face à Proust que les riches vulgaires peuvent être réellement mals à l'aise, car ça leur rappelle leur décadence. C'est la phrase proustienne qui est interdite à la télévision, pas l'énormité grossière, qui n'émeut plus personne ou presque. C'est la Princesse de Clèves qui incarne la résistance à éliminer. Ne confondons pas l'Episteme des années 60 et le nôtre.

 

Mais bon.... J'ai des copines politisées et lettrées qui m'ont dit "zyva faut qu'tu lises"... Alors j'ai lu. Et franchement, "King Kong théorie" a bien cette propension regrettable à choquer le bourgeois tel que le disséquait Simenon, mais c'est tout de même un essai qui se tient. Plus subtil et cohérent que je ne l'aurais soupçonné. Et au risque d'irriter les féministes universalistes de mes amies, je trouve que Despentes est assez convaincante lorsqu'elle dynamite l'approche de certains sujets, comme le viol, la prostitution ou la pornographie.

 

Despentes y raconte sa conversion au féminisme... Enfin à une certaine compréhension du féminisme. Un féminisme punk, anar individualiste. Ce n'est pas ma vision du monde mais elle a sa part de noblesse et le mérite de nous alerter sur le danger constant de la domination, sur la nécessité de protéger sa liberté à tout instant, contre toutes les atteintes même quand elles sont déguisées en bienveillance.

 

En premier lieu, soulignons que son féminisme n'est pas basiquement "antimec". Car si elle écrit d'abord pour les moches, les "exclues du grand marché à la bonne meuf", et se considère comme une "prolotte de la féminité", Despentes a aussi une pensée pour les pauv'mecs : "ceux qui chialent volontiers, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs ni bien membrés"... La société patriarcale est aussi "mutilante" pour les hommes, qui doivent réprimer leurs émotions. Et ne doivent pas oublier que le prix à payer de la femme à la maison, hyper dominée, c'était l'homme rivé à la production ou munition de guerre.

 

La révolution féministe a eu lieu dit Despentes, mais elle se poursuit. Cette femme présumée idéale que l'on enjoint d'être blanche, sexy mais pas trop, réussissant mais point trop pour ne pas être suspecte, intelligente mais un peu effacée... Elle n'existe nulle part. Mais on doit s'en libérer tout à fait.

 

L'ennemi actuel, c'est avant tout le diktat esthétique, d'autant plus prégnant que les femmes ont conquis la liberté de circuler dans la société. Et certaines formes d'expression de la liberté de la femme vont jusqu'à être des aveux de dominée. La femme hyper apprêtée et séduisante, voire la "chaudasse" (selon l'expression de l'auteur) ne disent-elles pas en somme : "sois rassuré cher homme, je suis bien là où tu m'attends, cantonnée au corps".

 

Parallèlement, des discours dominants sont à l'offensive : la maternité épanouissante et obligée. Et l'injonction à ne pas effrayer les hommes, ces pauvres chouchous apeurés par la montée en puissance des femmes... Sinon vous resterez seules les soeurs.. C'est un poncif de la presse féminine.

 

Et puis Despentes s'attaque à des sujets sensibles au sein du camp féministe, qu'elle ne brosse pas dans le sens du poil (oui, ce dernier mot est malheureux...) : le viol, la pornographie, la prostitution. Une femme inspirée par King Kong ne saurait les aborder comme on le fait dans le courant dominant du féminisme contemporain (en tout cas français).

 

Ainsi sur le viol, qu'elle a vécu et dont elle analyse l'expérience, Despentes conseille t-elle aux femmes de cesser de vivre comme des victimes et de pleurnicher. On doit prendre le risque de se faire violer en allant dans le monde. En somme de s'en balancer, de se relever, et de ne pas céder de terrain au prédateur qui erre dans les rues. La solution c'est l'autodéfense. Elle raconte que lors de son viol elle avait un cran d'arrêt dans la poche et n'a pas pensé un instant à s'en servir : " je suis furieuse contre une société qui m'a éduquée sans jamais m'apprendre à blesser un homme s'il m'écarte les cuisses  de force, alors que cette même société m'a inculqué l'idée que c'était un crime dont je ne devais pas me remettre". Perdante sur tous les tableaux, la femme.

 

Les soeurs doivent donc à la fois refuser l'intimidation du violeur qui a pour effet de les cloîtrer, apprendre à se battre (comme le prônait Malcom X pour les afro américains en somme) et relativiser le viol car sinon elle meurent de peur et le violeur a finalement gagné... (en même temps si la femme n'est pas dehors, le violeur ne peut pas violer aurais-je quand même envie de souligner. Donc le violeur aime bien que les femmes sortent tard et seules).

Enfin Virginie... Tout cela, il faut avoir le cran pour se le permettre tout de même... Et se relever sans ciller, ce n'est pas donné à tout le monde.

 

Sur la prostitution, et là je trouve que ces critiques des positions féministes majoritaires touchent juste, elle note que "les prostituées sont l'unique prolétariat dont la condition émeut autant la bourgeoisie (....) Les types de travaux que les femmes non nanties exercent, les salaires misérables pour lesquelles elles vendent leur temps n'intéressent personne". 

 

Despentes met le doigt sur l'hypocrisie bienveillante de l'idéologie abolitionniste (c'est à dire interdisant la prostitution, d'abord sur l'espace public, puis ensuite en pénalisant le client et/ou la prostituée). Et elle enfonce le clou sur le caractère relatif des fameuses atteintes à la dignité dans l'esprit des bien pensants de la cause : "Dormir dehors à quarante ans n'est interdit par aucune législation. La clochardisation est une dégradation tolérable". Eh oui. C'est bien le fait de proposer un service sexuel rémunéré, et uniquement cela, qui est insupportable aux yeux de ce qui veulent interdire la prostitution. D'autres formes de dégradation ne suscitent pas la même ferveur militante. Pourquoi donc ? C'est ce que le féminisme abolitionniste devrait se demander...

 

Quant à l'argument "elles le font parce qu'elles sont pauvres", pour justifier l'abolition, elle a une manière fulgurante de le disloquer : "si elles avaient le choix, les prostituées ne le feraient pas. Tu parles d'une rhétorique. Comme si l'épilatrice de chez Yves Rocher étalait de la cire ou perçait des points noirs par pure vocation esthétique". Personne ne songe à interdire des tas de travaux dégoûtants, aliénants, épuisants, abrutissants, aux femmes, et aux hommes aussi. Ce qui est en cause dans l'abolition de la prostitution, c'est cette idée que les femmes doivent pratiquer le sexe uniquement dans le cadre de l'amour. Et si possible du mariage. Mais comme on a reculé sur le mariage, alors on essaie de restreindre à la situation amoureuse. C'est une forme de contrôle de la sexualité, des femmes en particulier, en définitive. Malgré le decorum éthique.

 

 

Mais Despentes est une punk, souvenons-nous en. Elle ne réclame pas de statut des prostituées ou quelque réforme globale, rationnelle, qui résoudrait les problèmes. Elle est dans sa position anarchiste cohérente. Elle défend la liberté un point c'est tout.

 

On peut d'ailleurs déplorer la prostitution (elle trouve d'ailleurs que c'est une impasse en général, ça l'a été pour elle, car elle l'a pratiquée un certain temps) et être contre son interdiction. Comme on peut déplorer l'alcoolisme et être contre sa prohibition. Comme on peut déplorer l'usage de la cocaïne et être contre la pénalisation de son usage et organiser des salles de shoot (d'ailleurs il est intéressant de noter que beaucoup de partisans de l'abolition de la prostitution se rangent naturellement dans les partisans des salles de shoot ou de toute politique de réduction des risques. Ce qui montre que ce qui est sulfureux, c'est bien la sexualité, et non l'intensité d'une indignité parmi d'autres).

 

L'auteur analyse la fonction sociale de la pornographie, avec intelligence il me semble, comme la résolution d'une tension culturelle dans notre société. D'un côté le sexe s'affiche partout, dans le monde des images. D'un autre il n'est pas question de le pratiquer partout, d'y avoir accès comme on le veut. Donc la pornographie vient lâcher un peu de pression.

 

Despentes ne le dit pas, mais moi oui : si l'on veut que la pornographie recule, c'est au marché qu'il faut s'en prendre, à la logique du porno-chic, du porno pub, de la frustration sexuelle comme argument de vente... Les libéraux qui hurlent contre la pornographie sont des hypocrites de premier ordre.

 

Comme pour la prostitution, la position dominante du féminisme est marquée par une hypocrisie évidente. Le féminisme reproche par exemple au cinéma porno de "ne pas montrer la réalité du sexe". Mais c'est la fonction même du cinéma rappelle Despentes, et on ne peut pas lui donner tort... Qui reproche au cinéma fantastique, au cinéma d'aventures, de ne pas montrer la réalité ? Personne.

 

Là aussi, le problème véritable, c'est que la femme use de son corps comme un homme. C'est cela qui gêne. Despentes fréquente des stars du porno, et constate qu'elle impressionnent les hommes, qu'elles n'ont sûrement pas l'air de victimes ou de "moins que rien". Elles intimident au contraire. Ici aussi, la déploration de l'indignité est relative... On s'indigne du sort fait aux femmes sur les images (Despentes conteste cette vision, car elle considère que le porno magnifie au contraire le corps de la femme et marginalise celui des hommes. A chacun d'apprécier...). Mais qui se soucie véritablement des questions d'exploitation financière de ces femmes, de ce qu'elles deviennent ensuite ? Personne. La "dignité" est décidément un concept bien abstrait. Bien relatif au fond, bien que paré d'universalisme.

 

Ce qui est au fond insupportable dans le porno, comme dans la prostitution, c'est que l'on puisse user de son corps de manière scandaleuse, sans les préalables exigés par la société patriarcale et les valeurs dominantes qui en découlent. La femme doit aimer pour coucher. Elle doit appartenir à un homme, dépendre de lui de son contrôle. Sinon elle est de mauvaise vie, elle est stigmatisée. Et l'Homme aussi doit s'inscrire, d'une manière ou d'une autre, dans un cadre légitimé par la loi et l'Etat, garants des bonnes moeurs, définissant ce qui est digne ou indigne de réaliser avec son propre corps.

 

Le pouvoir est biopouvoir disait Michel Foucault. Le politique investit les corps : la santé, la sexualité, les pratiques alimentaires. Et ceci d'autant plus qu'il déserte le terrain économique et social. A la bérézina sociale répond le pseudo volontarisme du contrôle de nos intimités par le politique.

 

Au final, personnellement, je ne me représente pas la vie en société comme Virginie Despentes. Je ne pense pas qu'on puisse en rester, en clair, à dire "fuck off" et à ne pas se préoccuper du reste. A simplement se préoccuper de se défendre tout seul, même si c'est fondamental de protéger sa liberté comme un acharné. Je crois à l'espace essentiel de l'intérêt général, car la notion d'individu, au fond, doit être très nuancée. Je pense qu'un libertaire qui oublie cet espace du bien public est au fond condamné à devenir un néolibéral.

 

Mais je suis d'accord avec elle lorsqu'elle dit la chose suivante : la vraie indignité, c'est quand on nous impose un contrôle total, même trempé dans la bonne conscience. Quand on décide à notre place, de ce qui est bien et ne l'est pas. Quand on décrète "le digne et l'indigne" depuis des positions légitimes autoproclamées. Quand on outrepasse ce principe selon lequel la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. L'oppression sait tout à fait enfiler le masque sournois de la générosité.

 

Une société d'hommes et de femmes libres, c'est bien cela : des hommes et des femmes libres, d'abord.

 

 

 

 

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Published by jérôme Bonnemaison - dans Essais
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commentaires

femmesdelettres 16/11/2016 13:30

Merci pour cet avis qui a le mérite de lancer le débat ! je me suis permis de vous citer dans ma recension de Despentes ici https://femmesdelettres.wordpress.com/2016/11/15/hors-serie-n-5-virginie-despentes/

jérôme Bonnemaison 16/11/2016 17:50

merci

erratum commentaire précédent 01/12/2012 13:13

Erratum : lire un mot à inventer sans doute, au lieu de "éhértisme" (sans doute une sorte de contraction du langage-clavier entre Hérésie, hermétisme, hérétisme , érotisme et Ethique.... cqfd)

formia 01/12/2012 13:03

Haaaaa enfin voilà un peu d'éhértisme en terres cathares.... c'est un bon début M'sieur le chroniqueur!! continuez ainsi.... je suis enfin ravie d'entrevoir........de m'apercevoir (méthaphore)
...
peut-être en dehors du conformisme ambiant et bien-pensant, on pourrait "comment dites-vous déjà, par ailleurs ?" INVENTER?? c'est ça... c'est exactement cela!!! En attendant, je pense que les
filles auraient tout à gagner à s'affranchir, à être libres, sans lutter!!!! mais à co-construire (même quand on ne comprend pas toujours nos parangons... ça c'est un détail....ce n'est pas
grave)...Juste une question de liberté.... Une approche LIBERTAIRE et éminemment co-réalisatrice de nous....
Le sujet n'étant plus là pour nos enfants (la lutte pour l'égalité , la belle affaire!!!!!) ....Le sujet (selon moi) étant : Sexe, genre, et confusion : le sexe entre construction sociale et
darwinisme... je pense plutôt...

TRES BEAU "PAPIER" !!! MERCI, VraimentI!

jérôme Bonnemaison 01/12/2012 16:56



Merci Formia (une contraction verlan de Mia Farrow ?)


Cependant, je ne comprends pas la référence au darwinisme. Pouvez-vous préciser ?


Quant à l'égalité, en effet, elle est inéluctable.. Bientôt c'est pour nous, les mâles, qu'il faudra sans doute créer des programmes de discrimination positive, tellement vous nous écrasez dans
les performances scolaires....


Quant à "inventer". Oui, tout est à réinventer. D'où le caractère impérieux des idées. C'est un matérialiste convaincu qui le dit



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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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