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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 08:50

14390_483589565026241_57534902_n.jpgL'immense Spinoza (il est rare qu'il soit absent de ce blog) disait qu'on est jamais certain de voir le soleil se lever le lendemain matin.

 

Donc, franchement, cette histoire de 21 décembre accoutré en apocalypse n'avait que peu d'intérêt. Si les mayas avaient vraiment prévu l'avenir, ils auraient pu s'organiser pour résister à des conquistadors très inférieurs en nombre mais qui les terrorisaient avec ces monstres surgis de l'inconnu, bardés de cuir et de fer : les chevaux.

 

Il se trouve, ô hasard et nécessité, que ce blog atteint, juste à ce moment là, le sommet des 30 000 pages vues.

 

Avec toujours autant de timidité (ou de désintérêt) à laisser des commentaires (parfois j'en ai en privé cependant).

 

Avec toujours autant de mots clés saugrenus déposé en moteur de recherche et qui aboutissent à ce blog. A faire peur parfois...

 

Avec toujours autant de lycéens un peu trichouilleurs qui cherchent des "commentaires synthétiques du roman de Giono".

 

Avec toujours ce mystère de celui qui écrit "blog de jérôme bonnemaison" tous les mercredis pour effectuer une veille.... Pour qui et pour quoi ? Eugène Sue ou Dumas père ne sont pas là pour nous le révéler au prochain numéro.

 

Avec autant de succès pour mon admirée Irène Nemirovski, grande et régulière gagnante des fréquentations. Pessoa et son banquier anarchiste tirant son épingle du jeu. Mais ausi Zoe Oldenbourg et sa vie au moyen âge. Mais personne n'est tout à fait oublié par les mots clés googeulisés ou yahoutés, et tant mieux. Les oeuvres vivent. Même si l'on ne retient que quelques mots piqués dans une synthèse d'amateur. Elles essaiment. Le vent les portera.

 

Il y a des gens pour s'intéresser à tant de sujets méchamment baroques, à des questions indiscutablement inutiles (au sens où notre société pense l'utilité), à se tordre les méninges pour des futilités fumeuses plutôt qu'essayer de gagner de l'argent ou de passer à la télé.

 

Et moi, ça me plait. Alors je continue, tiens.

 

Je ne vais pas vous mentir encore une fois en vous disant : "nia nia nia, la lecture c'est la République, les blogs de lecture c'est la citoyenneté active".... Mouais, mouais... En vrai, c'est un plaisir d'enfant gâté. Un caprice et un loisir lascif pour des gens qui aiment à se vautrer. Lors de mes "trois jours" avant le service militaire, on me convoqua dans un bureau pour me proposer les paras (car j'avais la taille et le poids) en cherchant à m'acheter par un placement à dix mètres de chez moi... J'ai répondu que j'étais plus lecture que parachutisme avec famas en bandoulière. Le recruteur a dit : "oui chez nous c'est sûr vous ne resterez pas allongé à lire", et j'ai rétorqué : "ben moi c'est ce que j'aime dans la vie". Fin de ce dialogue constructif.

 

Ecrire et lire, c'est un même processus finalement. Et je trouve que j'ai eu une bonne idée de me mettre à écrire systématiquement ici après avoir clos un livre. Cela lui permet de s'inscrire plus durablement, plus nettement dans mes souvenirs. Et en vieillissant, ce n'est pas un luxe de forcer un peu sur l'aide mémoire....

 

Je ne sais pas si les livres aide à mieux vivre, ça se discute franchement. Mais en tout cas, quand on lit on a un visage plutôt absorbé positivement, et s'y promènent des reflets de bonheur. Parfois on lit "eureka" sur le front et les lèvres du lecteur.

 

 

Encore un grand merci au Parti Pirate de la plume. Un parti révolutionnaire par excellence. Et vive la flibuste et l'air du grand large !

 

 

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Published by jérôme Bonnemaison - dans Remerciements
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  • : Le blog de mesmilleetunenuitsalire.over-blog.com
  • : le blog d'un lecteur toulousain assidu
  • Contact

Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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