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Top articles

  • Autocritique ibérique salutaire (Antonio Munoz Molina, "Tout ce qu'on croyait solide")

    21 novembre 2013 ( #Oeuvres politiques )

    Antonio Munoz Molina a commis, avec son "Tout ce qu'on croyait solide", un pamphlet superbe, où son style efficace, son sens de l'anecdote et de la description sont placés au service d'une charge courageuse contre son propre pays qui est plongé dans une...

  • Portrait social génétique du révolutionnaire ("Manet, une révolution symbolique", de Pierre Bourdieu)

    30 novembre 2013 ( #Art )

    J e sors de la lecture enchantée de la vaste réflexion de Pierre Bourdieu autour de l'oeuvre de Manet. Le peintre qui marque la rupture de l'histoire de l'art basculant dans l'art moderne. Son peintre préféré, auquel, il ne le dit pas, il s'identifie...

  • Cette illusion du devenir allemand ("Made in germany, le modèle allemand au-delà des mythes", Guillaume Duval)

    07 décembre 2013 ( #Economie )

    L 'essai démystificateur de Guillaume Duval, "Le modèle allemand au delà des mythes" est un livre très utile, alerte, incisif et convaincant. Voici quelqu'un qui n'a pas pris sa plume pour rien, même s'il ne fait qu'effleurer les conséquences de ses propres...

  • La gauche de retour au travail ("La cité du travail, le fordisme et la gauche", Bruno Trentin)

    14 décembre 2013 ( #Oeuvres politiques )

    " Ce n'est pas la social démocratie qui conquiert les villes et l'Etat, c'est l'Etat qui conquiert le Parti, et je ne vois pas comment cela pourrait constituer un danger pour la société bourgeoise" Max Weber, 1903 J 'ai lu que Guy Bedos se sentait "politiquement...

  • Tyranno geek ("La théorie de l'information", Aurélien Bellanger)

    21 décembre 2013 ( #Romans )

    C 'est un roman geek. Sinon ce n'est pas un roman très bon à mon goût de lecteur. Non pas qu'Aurélien Bellanger ne soit pas une plume, il l'est sans conteste quand il ne ploie pas sous la masse de ce qu'il nous délivre. Mais il se perd dans l'étalage...

  • Lord Jim de Conrad : la conscience et ses spectres

    31 août 2011 ( #Romans )

    D i-thy-ram-bique ! Dans ce blog, j'essaie de contenir mes enthousiasmes, sous peine de crier risiblement au génie sans cesse. Mais pour une fois je me permettrai d'être dithyrambique. Car je viens enfin de lire "Lord Jim" de Joseph Conrad. Un livre époustouflant....

  • Nouvelle petite pause poétique, avec Baudelaire et sa Douleur

    24 juillet 2011 ( #Poésie )

    N ous avons pris le pli de nous permettre, une fois de temps en temps dans ce Blog, une petite pause poétique (Petit entracte poétique avec Char et Rimbaud) . Il faut bien que je finisse mes livres pour en parler, et certains sont plus denses et développés...

  • Vivez un parfait exorcisme tragicomique ("La littérature nazie en amérique", de Roberto Bolano)

    28 mars 2014 ( #Romans )

    A vant d'être terre d'expérimentation de l'ultra libéralisme et aujourd'hui d'une nouvelle tentative progressiste passionnante, le continent américain l'a été du fascisme. Parfois, les deux ont saccagé des pays main dans la main, comme dans ce Chili que...

  • Tous des Narcisse impuissants (Christopher Lasch)

    21 mars 2012 ( #Essais )

    " Les questions sociales se présentent inévitablement aussi comme des questions personnelles ". Christopher Lasch Pourquoi sommes nous si passifs devant le basculement effrayant du monde ? Pourquoi le capitalisme de notre temps, dont plus personne ne...

  • A la fin du livre, vous saurez pourquoi et comment l'Univers est apparu (sans blague...)

    26 avril 2011 ( #Science )

    C ertains livres, pas forcément ceux attendus, vous entraînent dans des tourments intellectuels propices à l'insomnie. C'est le cas du dernier essai vertigineux que je viens de lire, signé par les physiciens Stephen Hawking et Leonard Mlodinow , et qui...

  • Mon portrait onirique par l'écrivain belge Patrick Lowie

    12 mai 2017 ( #Inclassable )

    Patrick Lowie réalise des galeries de portraits dits oniriques, où à partir de bribes, comme un rêve d'enfance raconté par le concerné, une photo, il laisse aller ses songes à partir de ces fragments de vie. Il m'a fait le plaisir de me consacrer un de...

  • TOP 20

    26 novembre 2010 ( #Reading Lists )

    D ans "Haute Fidélité", (le film, pas le livre que je n'ai pas lu !), les personnages qui squattent une boutique de disques un brin poussive, s'amusent sans cesse à créer des listes TOP 5... Par exemple, les 5 meilleurs titres qui parlent de rupture amoureuse....

  • Lisez les stoïciens !

    26 novembre 2010 ( #Philosophie )

    La Sécurité Sociale et l'Agence Nationale des Conditions de Travail devraient distribuer gratuitement les petits manuels stoïciens à la population. Je ne prétends pas que cela allègerait les souffrances, mais bon, ça vaut bien un massage et c'est moins...

  • Un mauvais titre pour un chef d'oeuvre espagnol

    26 novembre 2010 ( #Essais )

    " A natomie d'un instant" : un mauvais titre pour un vrai chef d'oeuvre. Le dernier ouvrage de Javier Cercas est édifiant d'intelligence, de sincérité. Il est un ouvrage d'histoire politique. Il est aussi littéraire dans le sens où il explore, dissèque...

  • Léon l'Ecrivain

    26 novembre 2010 ( #Oeuvres politiques )

    Je ne suis pas trotskyste et je ne l'ai jamais été. Et pourtant j'ai aimé lire une bonne pile de livres de Léon Trotsky, révolutionnaire mais aussi écrivain de premier plan. Lev Davidovitch était surnommé "la Plume". C'était mérité. Une plume trempée...

  • Les tyrannies que vous subissez ne tiennent qu'à vous !

    28 novembre 2010 ( #Oeuvres politiques )

    J 'ai inauguré ce blog par un "TOP 20" de mes lectures. J'y ai injustement oublié le "Discours de la servitude volontaire" d'Etienne de La Boétie. Ce que la Renaissance a produit de plus avancé. On a qualifié La Boétie de "Rimbaud de la pensée'" et je...

  • J'ai croisé Freud sur la Route de Cormac Mc Carthy !

    01 décembre 2010 ( #Romans )

    Y annick, lecteur de ce Blog, m'a envoyé un mail pour me dire combien il avait été secoué par la lecture de "la Route" de Cormac Mc Carthy. Ce fut aussi mon cas, et maints lecteurs de ce roman en garderont le souvenir d'une expérience unique . "La Route",...

  • De l’Exil social (Didier Eribon et Annie Ernaux)

    03 décembre 2010 ( #Essais )

    Le « Retour à Reims » de Didier Eribon est récemment paru en livre de poche (champs-essais). Je vous engage à lire cet essai qui mêle astucieusement autobiographie et analyse sociologique. Il est à la fois émouvant et éclatant de lucidité sur les fractures...

  • Rire d'en lire

    06 décembre 2010 ( #Romans )

    S i le fameux livre sur la comédie d'Aristote n'est jamais parvenu jusqu'à nous (cf "l e nom de la Rose" d'Umberto Eco qui fantasme à ce sujet), le rire, par essence subversif, est partout dans la littérature. Il est difficile de déclencher le rire par...

  • En défense de Bret Easton Ellis (qui n'en a nul besoin)

    08 décembre 2010 ( #Romans )

    B ret Easton Ellis est très tendance. Il passe au "Grand Journal" de Canal + où la crème de la branchouille le reçoit avec vénération. Il est à la Une des INROCKS et en plus il vend bien ses livres. Il y a de quoi se méfier d'un type pareil. La plupart...

  • Les livres qu'on oublie, les livres qu'on arrive pas à lire

    11 décembre 2010 ( #Reading Lists )

    Les livres qu'on oublie ... Etonnamment, on oublie totalement certains livres. Surtout quand on les lit vite, mais pas forcément. Je sais avoir lu "Les faux monnayeurs" de Gide, ou "Les fruits d'or" de Nathalie Sarraute. Je ne suis pas capable de dire...

  • Un polar fluide à siroter dans son bain

    20 décembre 2010 ( #Policier )

    I l y a des livres à siroter dans son bain. Accompagnés d'un bol d'olives fourrées au poivron (qui risque de glisser et de vous obliger à passer la balayette, encore mouillé avec une serviette mal nouée autour de la taille), assortis d'un Mojito ou d'un...

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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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