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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 21:31

feu-de-foret-illustration_17661_w250.jpg C'est un livre d'ethnologie "savante" dans les règles de l'art et c'est néanmoins le meilleur roman que j'ai lu (d'une traite) depuis un bon moment, rédigé avec talent et clarté (ce qui montre que la rigueur en sciences sociales ne passe pas forcément par le jargonnant surabondant).

 

"Une chasse au pouvoir, chronique politique d'un village de France" est le passionnant essai d'une ethnologue, Marie Desmartis, inspirée par Pierre Bourdieu me semble t-il (issue du Béarn comme lui) qui a choisi son premier terrain de plongée participante dans un petit village du Sud Gironde (cette région boisée des Landes de Gascogne qu'on traverse un peu las sur l'autoroute quand on monte sur Bordeaux) , baptisé "Olignac" (on peut être étonné qu'un livre d'ethnologie change tous les noms des concernés mais on comprend que dans un village de 200 habitants tout cela aurait pu être déflagrateur, et déjà doit l'être même avec cette petite précaution ).

 

Les grandes logiques du social, et le conflit entre les classes pour capter les biens matériels et symboliques, sont tout à fait lisibles à une toute petite échelle, et prennent la forme frappante de personnages représentatifs. L'effet d'incarnation est saisissant. C'est toute la violence latente de la société inégalitaire que Marie Desmartis soulève et analyse, tout en montrant comment elle trouve sa régulation, les dominants parvenant à le rester et à imposer leur puissance. Le politique apparaît nettement comme la chambre d'écho de ces conflits fondamentaux, dont ils ne parviennent pas à se défaire même si les péripéties ont une immense part d'autonomie. A l'échelle individuelle on peut très clairement observer les ressources mobilisées dans cette bataille sociale, sans fin.

 

J'ai eu le sentiment de retrouver le génial "18 brumaire de Louis Napoléon" de Marx, qui montrait le déploiement des alliances et mésalliances entre les classes sous la seconde république, dans une transposition sans artifices et fondée sur un patient travail de terrain, de recherche des liens entre l'Histoire, l'économie, et les attitudes des individus dans ce village. On est très loin du cliché du village paisible, car le monde social ne l'est pas, et personne, même ceux qui sont nouveaux et voudraient sans doute échapper aux batailles, ne peut s'extraire de la puissance des gravités sociales.

 

L'auteure avait effectué là sa première recherche d'ampleur, et elle ne cache rien de ses erreurs de débutante. Elle est un personnage qui compte dans cette affaire, et sa présence dans ce petit milieu va peser dans les évènements et donc dans les résultats de la recherche, et elle le sait. On peut admirer sa capacité à remettre en cause ses représentations, une extraordinaire capacité de synthèse, ainsi qu'une belle subtilité.

 

En 2001, Marie Desmartis, qui vient passer des petits week ends à Olignac entend parler des évènements étonnants qui secouent le village. La palombière de Mme la Maire, et celle d'un adjoint, ont été incendiées. Et plus tôt, un arbre planté pour fêter l'élection du conseil municipal a été coupé. Tout cela semble en décalage avec ce coin presque invisible de campagne. Elle va donc s'efforcer de s'insérer dans la vie du village et plus particulièrement du Conseil Municipal, avec quelques difficultés évidemment dans ce contexte de tension, tout en plongeant dans les archives de la commune et l'Histoire de ces Landes de Gascogne. Elle en ramènera un monument d'éclaircissement de notre société, parvenant à débroussailler tout ce qui est manifesté pour, justement, brouiller des perceptions qui seraient trop nettes et dangereuses pour l'ordre établi.

 

Mme la Maire, Mme Fortier, a été élue par surprise, alors qu'elle avait déposé une liste incomplète. En rupture avec la municipalité sortante, elle voulait protester mais pas devenir Maire. L'ancien Maire a pratiqué une sorte de politique du pire, devant le blocage du scrutin qui ne se termina qu'au troisième tour. Mme Fortier se retrouve Maire et minoritaire, et la contestation se traduit à la fois par les dégradations, un grand climat de peur, et aussi par une extrême tension au sein du Conseil, tantôt boycotté, tantôt agité, et dont le quorum est difficile à atteindre. Face à Mme Fortier, les proches de l'ancien Maire, constituent le camp considéré comme celui des "chasseurs".

 

Mme Fortier est une notable. Elle descend d'une famille de propriétaires terriens qui ont toujours été au Conseil Municipal. Elle possède une partie importante du foncier de la commune. Elle est très liée à la bourgeoisie bordelaise et très intégrée dans l'UMP locale, bien que la gestion municipale de ce village soit censée être "apolitique" (avec ce paradoxe incroyable qui consiste à dire que la politique relève de la sphère privée).

 

L'ethnologue comprend vite que ce conflit récent est une réplique de plusieurs autres étapes, qui ont débuté depuis l'élection de 1977. Elle va donc se lancer dans une passionnante remontée du temps.

 

Tout commence avec la terre et son exploitation pour vivre. Tout commence avec la manière dont on vit, dont on transforme la terre pour subsister. Les Landes ont un sol pauvre, trempé l'hiver, sec l'été. La question historique sera la mise en valeur de cette terre. les Landais seront stigmatisés, traités de sauvages, assimilés à cette terre. Ils chercheront à s'en sortir avec l'élevage ovin. Sous le second Empire, une rupture fondamentale a lieu, avec la vente massive de ces communaux utilisés par les paysans et privatisés. Processus décrit par l'ethnologue qui rappelle de manière frappante les descriptions du premier libéralisme par Marx ou Karl Polanyi.  Les conseils municipaux composés des propriétaires vendent les communaux, qu'ils achètent eux-mêmes... Et des investisseurs étrangers trustent les ventes aux enchères. La concentration de la propriété va de pair avec le développement de la sylviculture. Les petits éleveurs se font résiniers ou métayers. Puis plus tard, la forêt vivra des crises, et une réorientation autour de la production industrielle du bois. L'exode rural mettra fin à la montée en puissance de la SFIO et des radicaux dans les conseils municipaux en affaiblissant la classe ouvrière politiquement. Les notables, après la première moitié du XXeme siècle, reprennent le contrôle des Mairies.

 

Les années 70 vont déboucher sur des conflits. Viennent s'installer à la campagne des néos ruraux. On les appelle les hippies, mais ils sont plus divers qu'ils n'en ont l'air. Une partie significative s'installera durablement. Le conflit entre les anciens et les nouveaux trouve un débouché sur le terrain politique et en 1977 deux listes s'affrontent : du jamais vu. L'instabilité politique surgit dans la vie de la commune et ne la quittera plus. Au plan des élections générales, le village se polarise de plus en plus entre CNPT et écologistes. 

 

Dans les années 80-90 des nouveaux viennent s'installer, mais ce ne sont plus les hippies mais des amoureux de la propriété qui peuvent parfois se trouver des accointances avec les anciens ruraux. Le jeu se complique. Une Maire plutôt socialiste, soucieuse des plus faibles qui sont venus s'installer, se fait putscher avec une violence digne d'un Sénat romain, et ne s'en remettra jamais. Bref chaque évolution de la population dans la commune, qui modifie les rapports, vient provoquer inéluctablement une secousse politique et parfois une impossibilité de gestion compte tenu de l'équilibre des forces dans et hors le conseil. Mais le jeu est incertain, car les groupes sont labiles, certains "font le pont". Et le système des alliances a sa part de géométrie variable. Gramsci se serait beaucoup amusé dans ce village de Sud Gironde.

 

Sur le plan du langage,  les groupes sont parfois identifiés très clairement par les villageois comme de caractère économiques : "les notables". Parfois c'est ( notamment chez les propriétaires, et ce n'est pas un hasard, cela l'ethnologue ne le souligne pas), le critère culturel qui l'emporte : on parle de clan des "poètes", de clan des "chasseurs", de buveurs de vin opposés aux planteurs de ganja. Ce qui a pour intérêt d'entretenir leur opposition et de masquer d'autres fractures... La lutte est là, toujours. Lorsqu'un allié est intégré dans un clan, par exemple comme conseiller municipal, et qu'il se met à soulever des questions qui dérangent les notables, il est évincé, sous prétexte que les questions foncières ne concernent pas le locataire qu'il est, ou en utilisant la connaissance que la commune a de sa situation (par exemple la perception du RMI). On évince par découragement progressif souvent.

 

L'ethnologue observe que tout nouvel arrivant est jaugé, et classé sur la base d'indices parfois bien fragiles dans un camp ou l'autre, souvent à son grand dam. L'ethnologue elle-même se sent classée dans la catégorie des "bourgeois arrivistes", ce qui fait que personne ou presque n'évoque cette catégorie devant elle, et pour cause... L'idée la mieux partagée reste l'hostilité à l'étranger qui va de pair avec un racisme qui s'exprime très directement. On a beau vouloir échapper aux logiques de classification, c'est bel et bien impossible. 

 

La division du village est pour tous une évidence. Mais elle n'a pas de "scène primitive". Elle a des évènements certes, mais c'est comme si elle avait toujours été là. Et c'est bien le cas, au fond. Cette division se lit en permanence, par exemple par la manière de s'installer aux tables lors du repas des anciens. On lit dans le plan de table les antagonismes sociaux et la part d'autonomie du politique (la Maire demande à ses sbires de se répartir un peu partout pour tenir le terrain). Le débat sur le Plan Local d'Urbanisme est une magistrale leçon sur la prégnance de la lutte des classes, sur la force des rapports de propriété dans notre vie sociale et politique. 

 

Dans ce contexte d'équilibre de forces où Mme le Maire essaie de se mouvoir, défendant les intérêts des propriétaires, et d'abord les siens puisqu'elle est le premier d'entre eux (ce qui lui permet de sélectionner les nouveaux habitants en fonction de ce qu'ils signifieront dans le rapport de forces), la peur est une ressource politique. Depuis les incendies, la peur règne. Elle est au conseil municipal, très tendu. Le clan des chasseurs en joue. Il a perdu la Mairie, bêtement (mais cet abandon a un sens, Mme Fortier elle, n'hésitant pas à s'affirmer dans son rôle). Ces gens se servent de la peur pour faire prévaloir leur existence au sein de la commune. La paranoïa aigue envahit la commune. Mme Fortier vit sous leur contrainte permanente. Mais elle a aussi des ressources importantes qui vont lui permettre de rester en place et de réaliser ses projets.

 

Sa première ressource politique, c'est son habitus. Ses dispositions sociales. Elle s'en sert pour prendre l'ascendant sur ses deux adjoints, alors qu'ils ont reçu plus de voix qu'elle. Mais le pouvoir ne leur est pas naturel, il l'est pour Mme Fortier, cadre, présidente du syndicat des éleveurs. Les adjoints acceptent la fêrule. Ils rappellent de temps en temps leur existence et leur pouvoir, mais ils ne remettent pas en cause une Maire qui prend garde de leur demander leur avis. Elle joue de ses relations très étendues pour entamer une campagne de presse valorisante, afin de se légitimer. Elle s'en sert pour montrer le soutien des notables, qui défilent dans la commune.  Et elle tire parti, on l'a vu, de ses propriétés pour sélectionner les locataires, les nouveaux propriétaires, et renforcer ses soutiens. Elle instrumentalise aussi l'appareil communal, et notamment le PLU, pour sélectionner socialement les arrivants (en imposant des terrains constructibles de large superficie...), et pour mettre en valeur ses terres et celles de ses alliés.

 

Evidemment dans un petit village, ces processus sont instables, ils tiennent à très peu. Une ambiguité levée peut déstabiliser la situation assez rapidement. Mme Fortier est obligée de séduire et d'utiliser des personnes qui ne partagent pas ses valeurs de droite. Elle les tait, les présente comme l'opinion générale, l'expression des intérêts communaux. Avoir des arrivants qui sont des "gens biens" est censé être profitable à toute la commune. L'intérêt particulier avance toujours en habit de carnaval du Bien public.

 

L'emprise des propriétaires perdure dans ces Landes de Gascogne. Même si cela suppose de jouer sur des alliances

 

Alors pourquoi la violence a t-elle surgi dans cette arène ? Alors que chacun doit se maîtriser pour préserver la paix armée, et pouvoir aussi espérer de possibles renversements d'alliances.

 

Cette région a été jetée dans une spirale inégalitaire avec les changements fonciers puis l'élimination de la classe ouvrière. Les pauvres y sont devenus plus pauvres, silencieux. Et le silence des chasseurs dans le conseil municipal, manifesté par le renoncement au mandat du maire qui était leur leader, laissant la notable prendre le pouvoir, est un rejeton de ce silence. On voit s'exprimer dans le social quelque chose qui ressemble à un processus psychanalytique étendu à la vie collective. Le silence des conseils désertés, ou tendus de longs silences coupés d'incidents, c'est ce silence des dominés. 

 

Pourquoi le feu ? Il surgit, comme dans ce film récent, Michael Khohlhass d'Arnaud des Pallières, sublime, lorsque les dominés cévenols prennent conscience de la tricherie fondamentale des puissants. Alors, l'ordre ne tient plus. On incendie les châteaux. On ne reconnaît plus le jeu car on voit qu'il est truqué. Les ressources de Mme Fortier font que le jeu n'est pas possible. C'est pourquoi les chasseurs renoncent au jeu démocratique et utilisent le feu (même si personne ne résoudra, comme pour garder l'équilibre précaire, l'affaire des incendies. Les gendarmes ayant intégré aussi les règles implicites du jeu social).

 

Là vient la conclusion, poignante, de ce livre très beau, triste, révoltant. Car l'ethnologue a essayé d'approcher les chasseurs, une après-midi. Ils étaient curieux d'elle. Elle leur est apparue comme de l'autre bord, puisque suivant la mairie au jour le jour. Elle a senti de l'agressivité et même de la menace (on lui a aussi dit ce qu'elle n'a pas compris sur le coup, qu'ici on violait les gens qui allaient trop loin, comme pour confirmer les accusations incessantes pesant sur ce clan des chasseurs). Elle ne parviendra pas à leur reparler. Mme la Maire captera la jeune ethnologue pour s'en faire une ressource valorisante et la séduire (ce qu'elle ne réussira pas). L'ethnologue comprendra ensuite, et saisira son incapacité à échapper à la gravité sociale. Mais elle aurait voulu, par son travail, casser ce fameux silence. Le silence des perdants. Elle n'y sera pas parvenue. Ils resteront muets, murés dans leurs stigmate. Pire, sa recherche a finalement participé de la stratégie de l'oppresseur. Et elle reconnait aux chasseurs de l'avoir senti tout de suite, ce qu'elle n'a pas approché pendant longtemps.

 

Mais du moins, aurais je envie de lui dire, a t-elle mis à jour la réalité brutale et laide de l'oppression dont ils sont, comme leurs pères, les cibles. En cela, elle a payé magnifiquement sa dette.

 

Les perdants du système ont besoin des intellectuels, de leur force de dévoilement, brillamment illustrée dans ce livre. Et c'est pourquoi pour ma part j'ai renoncé à utiliser le terme "bobo". Un ethnologue est forcément un "bobo" même s'il vit dans un T2. Ceux qui utilisent ce terme sont souvent des Madame le Maire d'Olignac, qui veulent opposer les "poètes" aux fils de résiniers. Alors qu'on a besoin de l'alliance des deux pour espérer un monde meilleur.

 


 


 



 


 


 


 



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Published by jérôme Bonnemaison - dans Essais
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Lectures de Jérôme Bonnemaison

 

Un sociologue me classerait dans la catégorie quantitative des « grands lecteurs » (ce qui ne signifie pas que je lis bien…).


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D’abord, tout petit, j’ai contemplé les livres de mes parents qui se sont rencontrés en mai 68 à Toulouse. Pas mal de brûlots des éditions Maspero et autres du même acabit… Je les tripotais, saisissant sans doute qu’ils recelaient des choses considérables.

 

Plus tard, vint la folie des BD : de Gotlib à Marvel.


Et puis l’adolescence… pendant cette période, mes hormones me forcèrent à oublier la lecture, en dehors des magazines d’actualité, de l'Equipe et de Rock’n Folk. Mais la critique musicale est heureusement lieu de refuge de l’exigence littéraire. Et il arrive souvent aux commentateurs sportifs de se lâcher.


 

De temps en temps, je feuilletais encore les ouvrages de la  bibliothèque familiale A quatorze ans, je n’avais aucune culture littéraire classique, mais je savais expliquer les théories de Charles Fourier, de Proudhon, et je savais qui étaient les « Tupamaros ».


 

J’étais en Seconde quand le premier déclic survint : la lecture du Grand Meaulnes. Je garde  le sentiment d’avoir goûté à la puissance onirique de la littérature. Et le désir d’y retoucher ne m’a jamais quitté.


 

Puis je fus reçu dans une hypokhâgne de province. La principale tâche était de lire, à foison. Et depuis lors, je n’ai plus vécu sans avoir un livre ouvert. Quand je finis un livre le soir, je le range, et lis une page du suivant avant de me coucher. Pour ne pas interrompre le fil de cette "vie parallèle" qui s’offre à moi.

 

 

Lire, c’est la liberté. Pas seulement celle que procure l’esprit critique nourri par la lecture, qui à tout moment peut vous délivrer d’un préjugé. Mais aussi et peut-être surtout l’impression délicieuse de se libérer d’une gangue. J’imagine que l’Opium doit procurer un ressenti du même ordre. Lire permet de converser avec les morts, avec n’importe qui, de se glisser dans toutes les peaux et d’être la petite souris qu’on rêve…


 

Adolescent, j’ai souvent songé que je volais, par exemple pour aller rejoindre une copine laissée au port… Et la lecture permet, quelque peu, de s’affranchir du temps, de l’espace, des échecs , des renoncements et des oublis, des frontières matérielles ou sociales, et même de la Morale.

 

 

Je n’emprunte pas. J’achète et conserve les livres, même ceux que je ne lis pas jusqu’au bout ou qui me tombent des mains. Ma bibliothèque personnelle, c’est une autre mémoire que celle stockée dans mon cerveau. Comme la mémoire intime, elle vous manque parfois, et on ne saurait alors dire un mot sur un livre qu’on passa trois semaines à parcourir. Mais on peut à tout moment rouvrir un livre, comme on peut retrouver sans coup férir un souvenir enfoui dans la trappe de l’inconscient.


 

Lire est à l’individu ce que la Recherche Fondamentale est au capitalisme : une dépense inutile à court terme, sans portée mesurable, mais décisive pour aller de l’avant. Lire un livre, c’est long, et c’est du temps volé à l’agenda économique et social qui structure nos vies.  


 

Mais quand chacun de nous lit, c’est comme s’il ramenait du combustible de la mine, pour éclairer la ville. Toute la collectivité en profite, car ses citoyens en sont meilleurs, plus avisés, plus au fait de ce qui a été dit, expérimenté, par les générations humaines. Le combat pour l’émancipation a toujours eu partie liée avec les livres. Je parie qu’il en sera ainsi à l’avenir.


 

J’ai été saisi par l'envie de parler de ces vies parallèles. De partager quelques impressions de lecture, de suggérer des chemins parmi tant d’autres, dans les espaces inépuisables de l’écrit. Comme un simple lecteur. Mais toujours avide.


 

Je vous parlerai donc des livres que je lis. Parlez-moi des vôtres.

 

 

Jérôme Bonnemaison,

Toulouse.

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